
Derrière le LRT, il y a une histoire de famille, de compétition et de passion transmise à la génération suivante. Portrait d’un homme de terrain qui a décidé de remettre le team en piste – pour de bon.
Une affaire de famille
Tim Louis ne découvre pas le motocross par hasard. C’est son père, Fabrice Louis, qui l’y a introduit – et Fabrice, dans le milieu, ce n’est pas n’importe qui. Mécanicien pour Johnny Aubert durant plusieurs saison, il est ensuite devenu motoriste pour le team Casola PSM, puis préparateur suspensions chez BOS suspension. Un technicien complet, pointilleux, « C’est quelqu’un de très exigeant techniquement, » reconnaît Tim. « Son expérience sera clairement un atout pour le team. »
LRT, les premières années : de 2016 à la pause forcée
Le Louis Racing Team n’est pas une création de 2026. Le projet naît en 2016, discrètement, avec une équipe amateur engagée sur les manches du Championnat de France Elite MX2. Les ressources sont limitées, l’ambition pas vraiment.
En 2017, Tim quitte temporairement sa propre structure : repéré par une autre équipe, il dispute le Championnat de Belgique Inter MX2 sous d’autres couleurs. Une saison qui lui permet d’engranger de l’expérience au plus haut niveau national, avant de rentrer au bercail.
Le retour chez LRT en 2018 marque un vrai saut qualitatif : le team signe avec Husqvarna Belgique et s’engage sur le Championnat d’Europe EMX300. Objectif : top 10. Il est atteint.

2019 est l’année du double défi. Avec le soutien de Kawasaki Belgique et Kawasaki France, Tim attaque sur deux fronts : un top 20 à l’Enduropale du Touquet – 3 000 concurrents, 45 km de plages et de dunes, une épreuve qui se gagne à l’usure autant qu’à la vitesse – et le titre de Vice-Champion de Belgique MX1. Les deux cases sont cochées.

Puis vient 2020. Une blessure met Tim sur le côté. Le team se met en pause. Pas une fin – plutôt une parenthèse.
Coach fédéral : transmettre tout en performant
Une réorientation sportive amène Tim Louis vers l’Enduro, où il découvre une approche différente et exigeante de la compétition off-road. Fort d’un bachelier en éducation physique et d’une passion naturelle pour la transmission, Tim franchit le pas logique : il commence à donner des stages et à coacher les pilotes de demain. Il devient entraîneur indépendant, mais surtout entraîneur fédéral pour la FMWB – la Fédération Motocycliste Wallonne de Belgique, aile wallonne de la fédération nationale Belge.
Concrètement, son rôle couvre un spectre large : suivi des pilotes espoirs, juniors et motos en CFS (Championnat de France des Sables), accompagnement sur le Championnat d’Europe EMX250, et coaching de certains pilotes engagés en enduro. Ce sont des jeunes pilotes francophones belges qu’il encadre, leur donnant les clés pour progresser structurellement et techniquement.

Quatre expérience au Congo : la moto comme vecteur humain
Entre 2020 et 2023, Tim Louis fait quelque chose d’inattendu : il part en République Démocratique du Congo durant presque 3 semaines, quatre années consécutives, pour partager sa passion de la moto. Certe il y a une compétition, mais ce n’est pas un trip aventure classique. C’est une démarche humaine – mettre la moto au service d’une rencontre, d’un échange, d’une transmission dans un contexte où le deux roues a une réalité quotidienne très différente de celle des circuits européens. Une expérience qu’il décrit comme l’une des plus marquantes de sa vie.

2026 : LRT redémarre pour les autres
Six ans après la mise en pause forcée, le Louis Racing Team reprend du service. Mais le projet a changé de nature. Tim ne relance pas LRT pour courir lui-même – il le relance pour que d’autres puissent le faire dans les meilleures conditions.
L’objectif est clair : créer une structure professionnelle dédiée au développement de jeunes pilotes en EMX250, le championnat d’Europe qui sert d’antichambre au MX2 puis au MXGP. Tim connaît bien cette scène – après y être passé lui même, il y a accompagné des pilotes en tant que coach fédéral, il en comprend les exigences, les codes, et les pièges. Autant de connaissances qu’il met désormais au service d’un team structuré, avec le soutien technique de son père Fabrice.
Le projet part de zéro sur le plan organisationnel – budget, partenaires, pilotes, logistique. Mais la trajectoire est tracée, et ceux qui connaissent Tim Louis savent qu’il ne fait pas les choses à moitié.
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